• "Vivement l'amour"

     

    Titre : Vivement l'amour

    Auteur : Charlie Bregman

     Auto-édition - 2013

    450 pages en version brochée

     

    Présentation de l'éditeur :

    1989. Charlie, 15 ans, est un garçon timide et complexé qui tombe amoureux de la fille qu'il ne lui faut pas : la belle et intelligente Marina, particulièrement bien dans ses baskets.
    Pour la conquérir, il n'a pas d'autre choix que d'affronter ses doutes, ses complexes et ses peurs, pour faire face à deux obstacles majeurs : sa méconnaissance totale de la sexualité, et l'autorité indiscutable de ses parents, pour qui, à cet âge, seuls les résultats scolaires n'ont d'importance.

     

    Mon avis :

    Ce roman a vu le jour sur un blog, sous forme de chroniques. L'auteur, poussé par l'enthousiasme de ses lecteurs, a ensuite décidé de compiler ces pages en un récit complet : Vivement l'amour.

    Il nous livre là les aventures amoureuses de Charlie, 15 ans, à la conquête de l'inaccessible Marina. Bonne élève, déléguée de classe, grande sportive, dotée d'un charme et d'un charisme fous, Marina incarne la perfection. Elle est si parfaite que le jeune Charlie cesse ses butinages au gré du vent pour se poser sur cette fleur unique (exploit qu'il convient de mentionner). Encore faut-il qu'il parvienne à conquérir l'élue de son cœur...

    Cette lecture fut une parenthèse légère et agréable en cette fin d'année un peu morose.

    Le style alerte, léger, avec des pointes d'humour et de dérision nous entraîne sans difficultés dans l'univers de Charlie. Si l'histoire est écrite à la première personne, ce qui me laissait craindre le pire (plus je lis de récits et de nouvelles, plus je fuis la narration à la première personne qui se révèle parfois maladroite et trop souvent désastreuse), j'avoue avoir été bluffée. L'auteur sait rendre crédible ce "journal" d'un ado de 15 ans, avec un vocabulaire et des réflexions adaptés à l'âge du narrateur (si on excepte une scène de rêve un peu trop sensuelle).

    Vivement l'amour est un roman positif, bien écrit, plaisant à lire. Cependant, je pense qu'il a un défaut principal : les personnages sont flous, transparents. Entre les élèves du collège de Charlie, les profs, ses souvenirs d'enfance en famille, les filles qu'il a connues, c'est une valse étourdissante de prénoms. Il faut attendre la fin du roman pour que son voisin de classe, Florent, sorte du lot, prenne enfin corps et obtienne la faveur d'avoir une personnalité clairement définie, avec un caractère bien marqué. C'est dommage.

    Autres petits bémols : quelques phrases un peu "cliché" et ridicules sur les femmes, une remarque qu'on pourrait qualifier d'homophobe, et de rares coquilles, dont certaines m'ont fait sourire (les rennes du cheval et la pause du carrelage).

    Le premier roman de Charlie Bregman est cependant une belle découverte, avec une couverture sympa, adaptée au ton du récit.

     

    Citations :

     

    Le problème avec la curiosité, c'est qu'on ne peut jamais rien faire pour la stopper. Comme la bêtise.

     

    Les vieux, ce sont mes grands-parents. [...] Ils se plaignent parfois de leurs petites douleurs qui ne passent plus, de la pluie qui mouille, du soleil qui tape, de l'hiver qui est trop long, de l'été qui est trop chaud, ils se plaignent du bruit des autres, du silence des morts, des prix qui grimpent et de l'essence qui est trop chère, des impôts qui augmentent et des retraites qui diminuent, mais au final, ce sont quand même eux les plus heureux parce qu'ils sont libres. Libres d'organiser leurs journées comme ils le souhaitent, et libres de ne plus avoir de compte à rendre à personne.

     

    L'argent, c'est la quête d'amour des grands traumatisés qui s'ignorent.

     

    L'écrivain est celui qui nous livre son monde intérieur, et sa mission est un terrible fardeau, car quelles que soient ses difficultés, il est toujours seul face à elle. Jamais personne ne pourra venir extraire son trésor à sa place.

     

    [...] je me prends la tête entre les feuilles, je me ronge la plume jusqu'à l'encre, et je tourne les pages du dictionnaire dans tous les sens. Sens figuré, sens propre, sens unique et sens dessus dessous. Dire qu'il y en a qui sont assez cinglés pour vouloir faire ça toute leur vie. Formuler, rayer, réécrire, corriger, recommencer... Tout ça sans jamais savoir d'avance si le résultat en vaudra la peine. Écrivain, c'est vraiment un métier que je ne ferai jamais

     

    C'est ça, l'anorexie. C'est quand ton corps voudrait avoir une autre tête, et ta tête, un autre corps.

     

     

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