• Titre : Tim au cœur d'or

    Autrice : Olivia Quetier

    Le Lys Bleu Éditions - 16 mai 2018
     

     

    L'histoire : 

    Dans une petite ville de Lozère, Tim cherche des repères. Après deux redoublements au collège, l'adolescent de seize ans sait enfin ce qu'il veut : aller au lycée, passer son bac et entrer à l'école des Beaux-Arts. On dit de lui qu'il a un don pour le dessin. Ses amis aiment ses œuvres, certains profs le soutiennent. Seuls ses parents semblent ne pas s'intéresser à son avenir : entre un père mutique et une mère alcoolique, Tim doit se débrouiller seul. Il va faire preuve d'une grande détermination pour refuser l'orientation en BEP et changer le cours d'un destin tout tracé.

    Nous suivons Tim au lycée, où il développe sa technique artistique, se fait des amis sincères et vit à 100% sa première relation amoureuse. Nous le retrouvons à Paris dix-sept ans plus tard. Marié, père d'un enfant, il mène une vie de bohème, poursuivi par ses démons : peut-on échapper à sa destinée ? Comment contrer le mal qui ronge les femmes de sa famille ? Réussira-t-il à les faire sortir de la dépendance ?

     

    Mon avis :

    C'est un beau roman avec des personnages attachants, une histoire riche et originale, dans le milieu de l'art. Avec une réelle sensibilité, Olivia Quetier nous décrit les dessins de Tim. Sa vision du monde s'exprime par des traits de crayons et des couleurs, dans ses multiples carnets de croquis. Peu à peu, l'homme s'affirme, l'artiste naît. J'ai apprécié son évolution, lente, complexe, semée d'embûches, comme l'est la vie.

    L'écriture se rapproche parfois du scénario : des phrases simples nous décrivent les actions des personnages, les dialogues sont épurés. J'aurais aimé que le texte soit plus développé, que les scènes contiennent plus de détails, que les émotions soient mieux étudiées. Mais ce ne sont là que mes préférences de lectrice. J'avoue que ce style particulier n'est pas dénué de charme : la lecture est fluide et les mots efficaces. On va droit au but, sans fioritures.

    Ce roman est à découvrir. Tim est un personnage passionnant, dont on observe les fêlures d'adolescent puis les progrès d'adulte. C'est agréable de le voir s'épanouir et trouver sa voie, tant au niveau professionnel que dans ses relations avec ses proches. Le thème de l'addiction (alcool, drogues) est un fil rouge terrifiant, qui scelle le destin des personnages. La dépression menace, tapie dans l'ombre. Heureusement, les arbres de la forêt offrent à Tim un refuge dans les moments difficiles, un havre de paix où il peut se ressourcer.

     

    Je remercie l'autrice, Olivia Quetier, de m'avoir proposé la lecture de son roman. Dès que je l'ai découvert, le titre du livre m'a attirée. Ce cœur d'or colle parfaitement au personnage de Tim, un homme prêt à toucher le cœur de nombreux lecteurs.

    Vous pouvez retrouver l'actualité de ce livre sur la page facebook Tim au cœur d'or.

     


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  • Depuis le début de la soirée, ils dansaient au milieu du salon, emberlificotés dans la musique, enchaînés par les notes, soudés l'un à l'autre en une valse unique. Assis dans le canapé, le garçon admirait ses parents qui tournaient, emmêlés et marbrés. Apparut alors une crème glacée bicolore, avec ses parfums préférés : sa mère, à la robe rouge framboise, son père au costume blanc vanille.

    Quand l'incident s'est produit, personne n'a rien compris. La jupe carmin s'est étalée au milieu des invités, dans un gémissement de surprise. La musique s'est arrêtée et un cercle s'est formé autour de la danseuse blessée. Elle s'est massé la cheville en affirmant d'une voix flûtée :

    — Vous voyez, Georges, mon équilibre n'est plus ce qu'il était. Il va falloir le faire réviser.

    La danse reprit sans eux. Incapable de poser son pied douloureux, elle décréta qu'il était l'heure de boire une coupe avec le sénateur.

    Au buffet, l'enfant s'approcha, chemise blanche immaculée, cheveux plaqués, nez levé. 

    — Que voulez-vous boire, mon chéri ? Un verre de jus de fruits ?

    — Une coupe de champagne serait la bienvenue, dit-il avec sérieux, une lueur d'avidité dans les yeux.

    — Tenez, faites-vous plaisir, lui répondit sa mère.

    Il trempa ses lèvres dans le nectar pétillant. Une grimace fugace laissa aussitôt place à un sourire éclatant.

    — Si je bois du champagne, c'est que je suis grand !

    — Vous l'avez toujours été, mon enfant. Dès votre premier cri, vous avez totalement empli mon cœur de maman. Vous êtes un géant.

    Le père et le sénateur trinquèrent. Jamais Louise n'avait fait si belle déclaration à son petit... pardon, grand... garçon.

     

    Texte écrit après avoir lu En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut.

    Je vous invite à découvrir ce roman léger et amusant, sérieux et décapant, qui fait valser le rire avec la folie et twiste finalement vers la tragédie. Les premières pages sont offertes par l'éditeur sur son site : Finitude

     


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  •  

    — Je te laisse quelques instants, ma puce. Je vais préparer ton café.

    Elle s'éclipsa vers la petite cuisine de son deux-pièces. Restée seule, j'observais la tapisserie fanée, les meubles bien cirés et les pâles photos du passé. Ce salon était un sanctuaire, où jamais rien ne bougeait. Je m'y sentais en sécurité.

    Ma grand-mère revint bientôt, courbée sur une tasse fumante qu'elle posa sur la table. Puis elle se précipita vers son vieux buffet en chêne, aussi vite que ses rhumatismes le lui permettaient. Une affreuse grimace et un grommellement de douleur accompagnèrent la plongée de son buste vers l'étagère la plus basse. Elle déplaça d'une main malhabile un pot de confiture et un paquet de chicorée.

    — Que cherches-tu ?

    — Le sucre, voyons. J'étais certaine de l'avoir posé là, me répondit-elle, agacée.

    — Mais... je n'en ai pas besoin, mamie. Je bois toujours mon café sans sucre, tu sais.

    — Ah, bon ! Tu es sûre ?

    — Oui, dis-je. Viens t'asseoir.

    — Comme tu veux, concéda-t-elle dans un soupir.

    Après s'être redressée dans un craquement de vertèbres, elle fit trois pas en boitillant, se laissa tomber sur sa chaise habituelle et poussa vers moi la grande tasse rose qui m'était destinée.

    D'un ton léger, elle me raconta sa dernière mésaventure.

    — Figure-toi que je me suis égarée en allant à la boulangerie ce matin. Un charmant jeune homme m'a remise sur le bon chemin.

    Elle sourit de son étourderie.

    Sans prononcer le moindre commentaire, je bus la boisson brûlante à petites gorgées. Le thé vert était amer. Je l'aurais préféré bien sucré.

    Image : Ella Jardmin sur Unsplash

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    Pour lire une autre micronouvelle, cliquez ici.

    Vous pouvez savourer mon premier roman La douce amertume du café en le commandant sur Amazon, Fnac, Kobo ou dans les librairies. Pensez à laisser un commentaire après votre lecture pour partager votre avis, sur les sites marchands, sur facebook ou sur ce blog. Tous vos retours m'intéressent, qu'ils soient enthousiastes ou plus réservés.

     


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  • Titre : Nos vies comme des brindilles

    Autrice : Cathy Borie

    Auto-édition via Librinova - 6 octobre 2016
    245 pages pour l'édition imprimée
     
     

    Présentation : 

    « Nos vies comme des brindilles » essaie, à travers des épisodes de la vie de Rafaël, sur une période d’une cinquantaine d’années, de rendre compte de la fragilité humaine, de la difficulté à trouver un sens à sa vie, et de la frontière ténue qui existe entre l’enfant que l’on était et l’adulte que l’on devient.

     

    Mon avis :

    En février dernier, j'ai consacré un article à Cathy Borie suite à la lecture de deux de ses romans : Dans la chair des anges et De la poussière et du vent. Puis j'ai découvert Nos vies comme des brindilles.

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