• Fables et poèmes

     

    J'aime m'amuser à faire rimer les mots, trouver la bonne formule, respecter le nombre de pieds dans chaque vers, compter les syllabes.

    C'est un jeu, une musique.

    N'hésitez pas à lire ces fables et textes poétiques à voix haute pour en apprécier toutes les sonorités.

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    Le loup et la brebis

     

    Dans un vaste pré couvert de rosée

    Des moutons gourmands broutaient l'herbe verte

    Sous l’œil fatigué d'un chien de berger

    Qui surveillait peu la prairie ouverte.

     

    Tapi dans l'ombre du bois à cent mètres

    Un loup derrière un tronc dissimulé

    Observait avec un vif intérêt

    Les ovidés fort occupés à paître.

     

    Une brebis du troupeau s'écarta

    Et du loup naïvement approcha.

    Sous le regard luisant de convoitise

    Elle marmonna contre sa bêtise.

    Le prédateur la fixait, immobile,

    Laissant le désir doucement monter.

    — Messire, allez-vous bientôt me manger ?

    Balbutia l'égarée fort docile.

     

    —  Messire, dis-tu ? rit le prédateur

    Tu parles bien et cela est flatteur.

    Je te laisserai poursuivre ta vie

    Si tu berces à nouveau mon ouïe.

    — Comme il vous plaira, joli damoiseau

    Vous trouverez là, dans ce grand troupeau

    La viande tendre de doux agnelets

    Pour ravir votre délicat palais.

     

    Le loup silencieux, la détaillant,

    S'attarda sur ses courbes longuement.

    Puis il ajouta l'air intéressé :

    - Je n'apprécie pas les agneaux de lait.

    Ma préférence, j'ose l'avouer,

    Est pour les fessiers bien développés.

    Tourne-toi donc pour que je vérifie

    Tes jambons qui me semblent bien petits.

     

    La brebis fit volte-face et s'enfuit

    Sans se retourner, loin de l'ennemi.

    Il la regarda partir sans regret

    Jugeant son postérieur maigrelet.

     

    Lorsque son estomac lui rappela

    Que venait de s'échapper son repas

    Il se jura de toujours dévorer

    Toutes les proies sans les évaluer.

     

     

    Moralité

    Mieux vaut saisir les opportunités

    Qui se présentent à soi le matin,

    Plutôt que d'espérer des qualités

    Qui charment l'œil mais ne nourrissent point.

     

    Image : Josh Felise sur Unsplash

     

     


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    La princesse et le dragon

     

    Il était une fois une princesse

    Qui s'ennuyait fort dans son château gris

    Elle s'enfuit sans demander son reste

    Et atteint la forêt avant la nuit

     

    Il était dit que dans cette contrée

    Des nains, un prince et un dragon vivaient

    La belle souhaitait les rencontrer

    Briser sa solitude et s'amuser

     

    Entre les arbres elle chemina

    Foulant la mousse tendre sous ses pieds

    Près d'un lac enfin elle s'arrêta

    Et s'assit sur une pierre tombée

     

    Un à un les vers luisants allumèrent

    Leurs pâles lueurs vertes étoilées

    Grenouilles et grillons firent concert

    Sous cette féerique canopée

     

    Émerveillée la douce frissonna

    Et ne vit pas le dragon arriver

    De son souffle chaud il l'enveloppa

    Elle sentit tout son corps s'enflammer

     

    Cette nuit-là un vieux sort fut rompu

    Le dragon en prince se transforma

    À l'aube la belle avait disparu

    Jamais au château elle ne rentra

     

    Création réalisée dans le cadre du Prix Saint-Valentin, Short Edition

    Image : Lawrence Green sur Unsplash

     


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    La biche et l'écureuil

     

    Une biche traînait dans un bois isolé

    Elle semblait perdue, avançait sans savoir

    Où ses pas incertains la feraient divaguer.

    Sur sa face triste pesait un masque noir.

     

    Au détour d'un chemin, un écureuil gris

    Qui ramassait des glands fut soudain bien surpris

    De croiser son regard tout embué de larmes.

    Il voulut connaître la nature du drame.

     

    — Madame, mais qui donc fait pleurer vos beaux yeux ?

    Est-ce là le tableau d'un chagrin amoureux ?

    Vous devriez rentrer vite en votre logis

    Car le loup tous les soirs s'en vient rôder ici.

     

    La biche émue d'une telle compassion

    Regarda cet intrus en train de lui sourire

    Comme il avait l'air doux et plein d'attention

    Dans un dernier sanglot, elle parvint à dire :

     

    — Un loup, dites-vous ? Tiens, il y en a encore ?

    Je croyais qu'à la chasse, ils étaient enfin morts.

    Aucun loup, mon ami, ne peut plus m'inquiéter

    Aux plaisirs de la vie je ne veux plus goûter.

     

    — Y a-t-il, madame, une raison précise

    A cette mélancolie qui vous tétanise ?

    — J'ai perdu mon enfant parti vivre sa vie.

    Plongé dans ses projets, chaque jour il m'oublie.

     

    L'écureuil comprit tout le poids de sa peine.

    Il tenta gentiment de sauver cette reine :

    — Il faut de l'ennemi, madame, vous garder.

    Vous devez sans délai de lui vous abriter.

     

    C'est un loup bien malin qui toujours réussit

    A échapper aux hommes et à leurs fusils.

    Il aime la chair et les atouts féminins

    Si vous voulez mourir, reportez à demain.

     

    A ces mots, dans le bois, apparut un loup blanc.

    Effrayée la biche eut réflexe de survie.

    Elle courut tout droit, jusqu'à épuisement.

    Rassasié le fauve jamais ne la suivit.

     

    Arrivée à bon port, elle avait à l'esprit

    Les mots de l'écureuil qui l'avait sauvée.

    Même si son enfant s'était d'elle éloigné,

    Elle allait redonner des couleurs à sa vie. 

     

    Moralité

    Dans les moments sombres où le cœur broie du noir

    Un regard ou un mot peuvent sauver une âme

    Réveiller une envie, raviver une flamme,

    Étouffer les soucis pour redonner l'espoir.

     

    Cette fable est en ligne sur short édition.

    Si vous l'aimez, vous pouvez voter pour elle. Merci !

     


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    Douceur d'été

     

    Il est des douceurs

    Qu'il faut mériter

    Saisir en hauteur

    Sans se faire piquer.

     

    Elles sont un butin

    Qui pousse en secret

    Un château lointain

    De ronces entouré.

     

    Le marcheur vaillant

    Qui ose affronter

    Le buisson ardent

    Se laissant griffer

     

    Pourra récolter

    De belles perles noires

    Et se régaler

    Pour manger ou boire.

     

    Confiture, coulis,

    Tartes et sirops,

    Salades de fruits,

    Crème pour l'apéro,

     

    Crêpes ou sorbets,

    Quels que soient vos goûts,

    Plaisir de l'été,

    Les mûres sont pour vous.

     

    Image : Pablo Merchán Montes sur Unsplash

     


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