• Fables et poèmes

     

    J'aime m'amuser à faire rimer les mots, trouver la bonne formule, respecter le nombre de pieds dans chaque vers, compter les syllabes.

    C'est un jeu, une musique.

    N'hésitez pas à lire ces fables et textes poétiques à voix haute pour en apprécier toutes les sonorités.

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    Apprivoisée

     

    Un mois s'est écoulé

    Je l'ai apprivoisée

     

    Premier contact timide

    Oser, aller, franchir

    Balayer craintes vides

    Pour mieux se découvrir

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    Immobilier

     

    Le couple arpente le jardin

    Et s'attarde près du bassin

    Où les poissons rouges, noirs, gris

    Dessinent des bulles d'ennui

     

    Le terrain monte, vallonné,

    Vers une terrasse ombragée

    Face à l'ouest, vue dégagée

    Rires, convivialité

     

    Lumière sur la véranda

    Ils s'y voient boire le café

    Créer, rêver mille projets

    Isolation premier choix

     

    Ce séjour vaste, confortable

    Cheminée et belles flambées

    Les repas y sont agréables

    Beaux volumes, bien éclairés

     

    Cuisine, salle d'eau, voyez

    Double vitrage récent, PVC

    Et la visite se poursuit

    Voici l'étage, espace nuit

     

    Une première chambre à l'est

    Porte-fenêtre, beau balcon

    Grandes étagères qui restent

    Déco sympa, petit cocon

     

    Les pièces sont bien agencées

    Sur le plan comme vous verrez

    Et voici le bouquet final

    La vaste suite parentale

     

    C'est une maison atypique

    Un bien rare sur le marché

    D'autres clients l'ont visitée

    Si elle vous plaît, faites vite

     

    Vous pouvez me joindre à l'agence

    Je vous laisse mes coordonnées

    Ne ratez pas cette chance

    À très bientôt, bonne journée

     

    Image : John Moeses Bauan sur Unsplash

     

    PS. Ces dernières semaines, l'immobilier a été pour moi une préoccupation quotidienne : consulter les annonces chaque matin, contacter les agences, visiter, discuter, comparer... Nous avons enfin trouvé notre bonheur. Signature du compromis mercredi.

     


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    En flânant dans le village, j'ai récolté cette image

    Un poème s'y est greffé, que le vent a murmuré


     

     

    Ascendance

     

    Regarde la porte ouverte

    Ce battant vibrant au vent

    Sous le soleil du printemps

    Une chance t'est offerte

     

    Descends ces marches de pierre

    Avance sur le gravier

    C'est dans ce havre de paix

    Que la vérité se terre

     

    On a toujours prétendu

    Que l'homme avait disparu

    Dans des contrées éloignées

    Il se serait exilé

     

    Mais un mot dans une lettre

    Une adresse et un village

    Ont suscité ton enquête

    Tu as suivi le sillage

     

    Tes pas t'ont mené ici

    En ce lieu où il naquit

    Que te cache ainsi ta mère

    Sur le destin de son père ?

     

    Est-il devenu marin

    Soldat ou explorateur ?

    Agent double ou orpailleur ?

    De sa vie tu ne sais rien

     

    Sur la dalle en granit rose

    Son nom complet se détache

    Près d'une femme il repose

    Est-ce là tout son panache ?

     

    La vérité se dessine

    Dans ce lieu ensoleillé

    C'est une histoire anodine

    Un amour à partager

     

    Un matin il est parti

    Trouver sa belle inconnue

    Se construire un autre nid

    D'où il n'est pas revenu

     

    Abandonnant sa famille

    Sans jamais se retourner

    Ce géant de pacotille

    N'a rien d'un aventurier

     

    Ce mystérieux grand-père

    Du piédestal est tombé

    Ton héros imaginaire

    N'a pas vécu d'odyssée

     

    Cette vie d'homme ordinaire

    Tes illusions perdues

    Ces origines déçues

    Ont en bouche un goût amer

     

    Le poison de l'ignorance

    A perturbé ton enfance

    Dans le terreau du secret

    Une racine a poussé

     

    Quand tu auras fait ton deuil

    Admit ce nouvel aïeul

    Le cœur allégé enfin

    Tu poursuivras ton chemin

     


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    Le loup et la brebis

     

    Dans un vaste pré couvert de rosée

    Des moutons gourmands broutaient l'herbe verte

    Sous l’œil fatigué d'un chien de berger

    Qui surveillait peu la prairie ouverte.

     

    Tapi dans l'ombre du bois à cent mètres

    Un loup derrière un tronc dissimulé

    Observait avec un vif intérêt

    Les ovidés fort occupés à paître.

     

    Une brebis du troupeau s'écarta

    Et du loup naïvement approcha.

    Sous le regard luisant de convoitise

    Elle marmonna contre sa bêtise.

    Le prédateur la fixait, immobile,

    Laissant le désir doucement monter.

    — Messire, allez-vous bientôt me manger ?

    Balbutia l'égarée fort docile.

     

    —  Messire, dis-tu ? rit le prédateur

    Tu parles bien et cela est flatteur.

    Je te laisserai poursuivre ta vie

    Si tu berces à nouveau mon ouïe.

    — Comme il vous plaira, joli damoiseau

    Vous trouverez là, dans ce grand troupeau

    La viande tendre de doux agnelets

    Pour ravir votre délicat palais.

     

    Le loup silencieux, la détaillant,

    S'attarda sur ses courbes longuement.

    Puis il ajouta l'air intéressé :

    - Je n'apprécie pas les agneaux de lait.

    Ma préférence, j'ose l'avouer,

    Est pour les fessiers bien développés.

    Tourne-toi donc pour que je vérifie

    Tes jambons qui me semblent bien petits.

     

    La brebis fit volte-face et s'enfuit

    Sans se retourner, loin de l'ennemi.

    Il la regarda partir sans regret

    Jugeant son postérieur maigrelet.

     

    Lorsque son estomac lui rappela

    Que venait de s'échapper son repas

    Il se jura de toujours dévorer

    Toutes les proies sans les évaluer.

     

     

    Moralité

    Mieux vaut saisir les opportunités

    Qui se présentent à soi le matin,

    Plutôt que d'espérer des qualités

    Qui charment l'œil mais ne nourrissent point.

     

    Image : Josh Felise sur Unsplash

     

     


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    La princesse et le dragon

     

    Il était une fois une princesse

    Qui s'ennuyait fort dans son château gris

    Elle s'enfuit sans demander son reste

    Et atteint la forêt avant la nuit

     

    Il était dit que dans cette contrée

    Des nains, un prince et un dragon vivaient

    La belle souhaitait les rencontrer

    Briser sa solitude et s'amuser

     

    Entre les arbres elle chemina

    Foulant la mousse tendre sous ses pieds

    Près d'un lac enfin elle s'arrêta

    Et s'assit sur une pierre tombée

     

    Un à un les vers luisants allumèrent

    Leurs pâles lueurs vertes étoilées

    Grenouilles et grillons firent concert

    Sous cette féerique canopée

     

    Émerveillée la douce frissonna

    Et ne vit pas le dragon arriver

    De son souffle chaud il l'enveloppa

    Elle sentit tout son corps s'enflammer

     

    Cette nuit-là un vieux sort fut rompu

    Le dragon en prince se transforma

    À l'aube la belle avait disparu

    Jamais au château elle ne rentra

     

    Création réalisée dans le cadre du Prix Saint-Valentin, Short Edition

    Image : Lawrence Green sur Unsplash

     


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