• Expériences temporelles

    Voilà, c'est fini... comme le chante Jean-Louis Aubert.

    J'ai cliqué sur "C'est provisoire. Je reviendrai."

    Et j'ai désactivé mon compte.

    Pour une expérience temporelle. 

     

     

    Pourquoi j'ai quitté Facebook ?

    J'aurais pu cocher la case "Facebook me prend trop de temps". Car ce réseau social était devenu omniprésent dans ma vie. J'allumais mon téléphone et hop, un petit tour sur Facebook. Mon ordi peinait à enregistrer un fichier ? Zou, un petit clic sur l'icône bleue pour m'occuper en attendant.

    Une fois la page ouverte, le "journal" défilait sous mes yeux. Les messages de mes amis, les photos, les publicités valsaient et me noyaient le cerveau dans un fouillis indescriptible d'informations, une marée d'images, un tsunami de mots.

    J'aurais pu aussi cocher la case "J'ai des doutes sur la sécurité". Des doutes, j'en ai beaucoup, surtout après avoir lu cet article (daté de 2015, remis à jour en 2017, toujours d'actualité) : Si on laissait tomber Facebook ?

    J'ai été lâche, je l'avoue. J'ai coché "C'est provisoire. Je reviendrai."

    Je reviendrai ? Peut-être. Parce qu'il est difficile de rompre totalement les liens, de briser les habitudes, de tourner la page. J'étais sur Facebook depuis deux ans et j'y ai fait de belles rencontres : des auteurs indépendants, des blogueuses passionnées, des lecteurs curieux...

    J'y découvrais avec plaisir des photos et messages de membres québecois de ma famille. J'aimais ces petits partages, qui me rapprochaient d'eux. Il nous faudra revenir aux bons vieux mails, à une relation épistolaire classique, plus rare mais plus sincère.

    Premier défi : un mois sans Facebook. Un mois pour vivre à un autre rythme, chercher d'autres sources d'information, prendre le large vis-à-vis du numérique. Pour commencer, je teste brief.me pour lire l'essentiel chaque jour en un seul mail. Une idée simple, efficace (je pense), à essayer (le premier mois est gratuit).

     

    Retrouver du temps pour soi

    Quitter Facebook... Bonne résolution de début d'année ? Non, pas vraiment.

    J'ai cliqué par hasard (mais y a-t-il vraiment des hasards, dans la vie ?) sur une icône minuscule qui dormait depuis des semaines au milieu de ma barre personnelle. Je l'avais placée là début 2018 en me promettant d'y revenir. Elle me faisait face chaque jour, je ne la voyais pas, jusqu'à ce petit clic qui a tout changé.

     

    Cette icône m'a amenée là : Eco-défi "Gérer son temps de manière durable"

    J'ai commencé à lire les articles, à fouiller, à collecter, à imaginer...

    Que serait mon quotidien si je parvenais enfin à prendre du temps pour moi ? Que deviendrait ma charge mentale si je m'allégeais l'esprit de toutes ces tâches qui l'encombrent ? Et comment faire ?

     

    Un outil pour s'organiser

    L'un des articles d'Echos verts parle de bullet journal. Pourquoi ne pas en utiliser un, finalement ? Je m'étais déjà intéressée au bullet journal en 2017, sans être vraiment convaincue. Tous ces carnets reliées à la couverture sombre, ces stylos de couleur, ces petites décorations, ces écritures calligraphiées... c'était trop beau, trop fille, trop artiste. Ce n'était pas moi. Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, n'est-ce pas ?

    Alors j'ai pris une grande inspiration et ouvert un cahier d'écolier, mon cahier rouge qui me servait jusqu'ici à faire des listes, de temps en temps, sans grand succès (j'adore les cahiers d'écoliers... j'en ai un rouge, un bleu et un vert pour divers usages). Dans ce cahier rouge destiné à partir bientôt au recyclage, j'ai construit mon propre outil. Au brouillon, pour l'instant. Je teste, j'affine... Je vous épargne les détails formels, qui n'intéressent personne. Mon inspiration vient de là : L'outil qui change la vie (vidéo de Solange te parle).

     

    Bullet journal : quésaco ?

    L'intérêt du bullet journal, c'est la planification. Quelles tâches ai-je à faire ? (Ça, c'est facile... les to do lists, tout le monde en a). Mais surtout : Quand vais-je les faire ? Il faut répartir toutes les tâches sur la semaine. La clé est là : affecter chaque tâche à une journée particulière.

    Ensuite, il suffit de regarder les tâches que j'ai prévues pour aujourd'hui, j'en choisis une et je m'y mets. Finie la procrastination ! Imaginez... J'ai 30 minutes avant que la quiche soit cuite ? Au lieu de surfer sur Facebook, je me lance dans une tâche simple (trier un dossier sur l'ordi, par exemple, ou vider la boite mail). Quand le four sonne, la tâche est terminée. Je me dis que ce n'était finalement pas grand chose et, petite récompense, je mets une croix dans mon bullet journal. C'est fait !

    Ça peut paraître stupide ou contraignant... Mais c'est diablement efficace !

    En quelques jours, j'ai pu boucler des tâches qui attendaient depuis plusieurs semaines (faire connecter la maison à la fibre, faire du shopping en ligne pour utiliser des bons d'achats gagnés l'été dernier, commander des lentilles chez l'opticien...). Les choses avancent, l'esprit s'allège, on se sent efficace, sérieux, dynamique. Et ça fait du bien !

     

    La douloureuse expérience du premier roman

    J'attendais avec impatience la fin de 2018. Je voulais tant que cette année se termine ! Elle me laisse le souvenir d'une année difficile, laborieuse, gluante (au sens propre, avec cette impression désagréable d'avoir la poisse, de mouliner dans la semoule).

    Pourtant, elle a été positive. Malgré des soucis de santé récurrents, j'ai finalisé deux grands projets lancés en 2017 : acheter une maison et auto-éditer mon premier roman.

    2017-2018... Ces vingt-quatre mois auront été riches en rencontres, parsemées de doutes et de remises en question, lourdes de décisions à prendre.

    Mon premier roman La douce amertume du café a cristallisé toutes mes espérances, mobilisé toute mon énergie pour... rien. Ou presque rien. Quelques ventes pendant les quatre premiers mois (37 pour être exacte, en grande partie dans la famille), de belles chroniques (merci aux blogueuses qui l'ont lu et apprécié) et une courbe des ventes qui ressemble désormais à un toboggan, propice à une longue glissade vers l'oubli.

    Évidemment, il a fallu que j'accepte l'échec, que je digère l'amertume, que je surmonte le dépit. Ma plume en a souffert. Asséchée net. Plus d'inspiration, pas d'envie, aucune étincelle. Même ma correspondance personnelle en a pris un coup. Écrire m'était pénible. Imaginer des scènes et des personnages, encore plus. 

    L'automne fut donc période de déclin. J'ai quand même réussi à mettre en mots une nouvelle que j'ai envoyée à l'Indé Panda. Recalée. Et un texte court que j'ai posté sur Short Edition, qui vivote, malgré ses qualités (cf. les commentaires plutôt élogieux des lecteurs) : Nino pleure. Si vous l'aimez, votez pour lui !

     

    2019... nouvel envol dans un ciel dégagé

    Voir arriver la fin de l'année 2018 a ravivé peu à peu la flamme.

    En décembre, j'ai enfin osé me lancer dans le projet qui me tient à cœur depuis toujours : écrire un  roman historique. J'ai commandé de la doc (des biographies d'un homme célèbre du XIXème siècle), commencé à lire, jeté des idées sur le papier (et sur scribbook), ébauché une histoire... Je me lance avec plaisir dans cette autre époque pour une belle expérience temporelle. Et je redécouvre le plaisir de lire de vrais livres, tant pour cette phase de documentation que pour les romans (je lis actuellement le prix Goncourt Leurs enfants après eux qui m'a été offert à Noël).

    2019 s'ouvre comme une vaste plaine, étalée devant mes pieds. L'horizon s'est élargi. Confiante, au sommet, je suis prête à m'élancer. Tout me semble possible. C'est vertigineux.

    Je me sens libre. Libre de choisir un chemin personnel, libre de laisser mon empreinte (ou de disparaître), libre d'être moi-même, libre d'écrire ce que je souhaite sans influence, libre d'entrer avec audace dans ces douze mois nouveaux pour créer, vivre, m'épanouir.

    Je ne sais pas ce que ce blog deviendra. J'ignore s'il survivra à tous ces bouleversements. Il me semble n'avoir désormais qu'un unique objectif d'écriture, ce roman historique, qui va certainement m'occuper, m'accaparer, me passionner pendant 2 ou 3 ans.

    Pour ne manquer aucun article, vous pouvez vous abonner à la newsletter (en bas du menu à droite) puisque je ne peux plus relayer sur Facebook. Votre adresse mail ne sera divulguée : elle servira uniquement pour vous envoyer un mail automatique quand un nouvel article est publié.

     

    Je vous souhaite une belle année 2019,

    pleine de petits bonheurs, d'amour et de projets. 

    Tous ensemble, tels des colibris, pensons à la Terre qui souffre sous nos pieds pour améliorer chaque jour nos comportements. Diminuer notre usage du numérique, trier nos mails, avoir des pratiques plus durables (utiliser ecomail, par exemple, et choisir un moteur de recherche plus éthique) sont des petits pas verts que chacun d'entre nous peut faire.

      Image : Ales Krivec sur Unsplash

     

    Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie. - Goethe

     

     

    « Haïku de l'An NouveauLeurs enfants après eux | Goncourt »

    Tags Tags : , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :