• "Au revoir, là-haut" (film)

     

    Au revoir, là-haut

    Film d'Albert Dupontel

    Sorti le 19 octobre 2017

     

    Synopsis :

    Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire.

     

    Mon avis :

    Vous avez peut-être lu le livre ? C'est un roman de 565 pages, publié en août 2013 aux éditions Albin Michel.

    J'avais écrit quelques mots sur le forum Partage Lecture, après l'avoir dévoré en juillet 2014 :

     

    J'ai beaucoup aimé ce livre, et surtout l'écriture de Lemaitre, sa façon de mettre en scène ses personnages, de décrire leurs relations sociales. J'y ai retrouvé l'ambiance que j'aime chez mon auteur classique favori : Emile Zola.
    Ce livre est un pavé, mais sa lecture "passe trop vite" si j'ose dire.
    Ce fut un grand bonheur de lecture, qui m'a donné envie de découvrir d'autres romans de Pierre Lemaitre.

     

    Pour les lecteurs, dont je fais partie, les adaptations cinématographiques sont souvent décevantes. Et il y avait ici un défi de taille : recréer cet univers haut en couleurs, tout en respectant la réalité historique.

    Eh bien, je dois avouer que j'ai été bluffée. Albert Dupontel livre ici un petit bijou, un film grandiose, où l'histoire dramatique de la première guerre mondiale côtoie sans choquer la fantaisie des personnages, digne des années folles.

    J'ai aimé la reconstitution du champ de bataille et des tranchées (j'ai entendu dire qu'elle avait été saluée par les spécialistes comme étant l'une des plus réussies qui ait jamais été faite). Le soldat Maillard, incarné par Albert Dupontel, subit sans se plaindre la hiérarchie, les ordres injustes, les combats, puis le difficile retour à la vie civile.

    Un acteur argentin, Nahuel Perez Biscayart, s'est glissé à merveille dans le rôle d'Edouard, un personnage complexe, qui fabrique des masques pour dissimuler sa gueule cassée. Il vit en marge de la société, dans un monde qu'il s'est créé, et nous entraine dans sa folie. Les décors, les lumières, les couleurs, les dessins et surtout la musique, se conjuguent pour créer un spectacle pétillant autour de ce personnage et de la petite fille qu'il a adoptée comme assistante et interprète.

    Il faut saluer la prestation de Laurent Laffitte, dans un rôle à contre-emploi, loin de ses comédies habituelles. Et la présence étincelante d'Emilie Dequenne.

    Ce film est une réussite, digne du livre. Moins détaillé, forcément. Mais qui se suffit à lui-même et amènera, je l'espère, des spectateurs vers la lecture.

    Et pour ceux qui ne veulent pas lire un pavé, sachez qu'une version en bande dessinée a été éditée en 2015.

     

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  • Commentaires

    1
    Krisko
    Lundi 6 Novembre 2017 à 10:24

    Excellente critique très bien écrite dont je partage les arguments après avoir vu ce film et lu le livre. J'ajouterais que Niels Arestrup mérite aussi d'être cité car sa lourde présence en bourgeois autoritaire mais ambigu est importante dans le scénario... Un film qui mérite un large public et des récompenses !

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