• A main levée

     

    Il suspendit son geste. Son crayon quitta la feuille et s'éleva dans les airs au-dessus de la table. L'extrémité s'approcha de sa bouche. Il allait la mordiller quand il se souvint de cette sensation désagréable : l’âpreté de la gomme sur sa langue. Il se promit d'acheter des crayons sans embout pour pouvoir à nouveau se laisser aller au plaisir de les grignoter. Il aimait sentir la fine couche de peinture craquer sous ses dents.

    Son regard détailla le dessin qu'il venait de terminer : un arbre magnifique, un saule pleureur majestueux, étalait ses branches le long d'une rivière. Les longues tiges souples se penchaient sur l'eau telles des cannes à pêche. Les feuilles flottaient sur l'onde pure. Quelques pierres plates saillaient et formaient un parcours qui permettait de traverser le cours d'eau en quelques bonds. Au pied de l'arbre, il constata que son crayon avait tracé entre les racines une forme arrondie. Etrange...

    Il se pencha pour observer cet ovale qui était arrivé là par mégarde. Il avait bien dessiné des circonvolutions sur l'écorce mais ne se souvenait pas avoir créé cette porte. Oui, en y regardant de plus près, il devint évident que c'était une porte ! Il la voyait bien maintenant. Elle présentait une petite ouverture ronde à hauteur de visage et disposait d'une poignée sur la gauche. Quel être minuscule pouvait donc bien habiter dans cet arbre ?

    Il s'interrogeait en se grattant la tête quand il eut la surprise de voir la porte s'ouvrir...

     

    « Petits piedsRobinson »

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